Le chien mécontent de son sort
Le chien d’un bon fermier se plaignait au destin,
Car il devait veiller jusque tard dans la nuit
Pour que le fermier trouve ses poules le matin,
Il devait faire en sorte que le renard s’enfuit.
Quelle infortune pour moi de ne pouvoir dormir
La cour est petite, je ne peux me dégourdir
Le destin de sa plainte s’en trouve un peu touché
Lui donne un autre maître, lui propose le berger.
Notre chien va pouvoir la journée galoper
Mais le soir à nouveau il lui faudra veiller
J’ai regret disait-il dans mon ancienne maison
On me donnait souvent de la viande à foison
Mais ici point d’aubaine, je n’ai que quelques prunes
Sa complainte entendue, il changea de fortune,
Et se retrouva attaché chez un bourgeois,
Où est ma liberté se plaignait t-il une fois,
Les enfants sur mon dos n’arrêtent de grimper,
Et ne cesse ma queue de vouloir attraper.
Cette dernière plainte mit le sort en colère
Croit-il être le seul dont je gère l’affaire ?
Le sort avait raison ; tous gens sont ainsi faits,
Notre condition ne nous contente jamais
Nous fatiguons le ciel à force de nous plaindre
Notre rusé renard n’a pas grand-chose à craindre
Qu’à chacun d’entre nous on accorde sa requête,
Nous serions bien capable de lui rompre la tête.
Le Renard qui battait la campagne
Un renard dans sa tête avait une entreprise
Qu’il avait décidé de mener à sa guise
Il me faut, se dit-il d’illustres personnages,
Qui soit bien reconnu dans tout notre village.
Il convoqua bientôt une troupe secrète,
Pour mener son combat et sa dernière conquête.
Je veux l’ours qui saura bien mener les assauts,
Un cheval qui pourra me porter sur son dos
Je veux quelques taupes qui pourront me renseigner,
Ainsi que les fourmis qu’on ne peut dédaigner
Elles savent si bien faire des économies
Qu’il est peu de gens qui ne les aient comme amies
Je veux un bon chien qui sache flairer les dangers
Et un dinosaure ne saurait me déranger.
Le Renard pouvait être fier de son ouvrage
Il restait à attendre la période de sevrage.
Cette équipe d’adjoints au service du renard,
Allait bien travailler sans délais sans retard
On retient de ceci, qu’un renard même peu sage
De ses moindres sujets sait tirer quelques usages
De chacun il connaît les divers talents
Il n’est rien d’inutile au renard indécent.
Le Lion et le Renard
Un lion devait choisir pour accomplir mission,
Parmi l’aréopage, quelques bons compagnons.
Ces postes convoités étaient fort recherchés
Et pour les obtenir, il ne faut point tricher.
Il était bien d’usage d’user de la flatterie,
Et même savoir faire preuve de belle flagornerie.
Voyant faire les chiens qui lui tendaient la patte
Et le lion de les prendre, il en semblait content,
Il se dit c’est ainsi qu’il faut que je le flatte
A moi rien d’impossible, je peux en faire autant.
Notre bel animal se fendit dans la troupe,
Pour approcher le lion, se placer sous sa coupe.
Et pour se rendre aimable et plus cher au grand lion,
Il le caressa et se fit tout mignon.
Mais ses griffes acérées percèrent la tendre chair,
Du grand lion courroucé qui lui fit payer cher,
Ce geste outrancier qui ne convenait guère,
A ce renard rusé ennemi de naguère.
Il n’est pas nécessaire de forcer le talent,
Jamais un lourdaud ne passera pour galant.
Explication de texte
Non, il n’y en aura pas.
Aucune.
Mais je suis bon. Alors je vais vous donner de quoi méditer pour ce vendredi. Une phrase d’Hegel :
“La Fable est comme une énigme qui serait toujours accompagné de sa solution”.
Voilà.
Et pour ce week end, je prépare des kleenex.
Alex, qui n’aime pas du tout les explications de texte et qui ne donne aucun cours particulier.
(Sauf si j’ai la photo, vous pouvez me la faire parvenir à l’adresse mail ci-contre, et on verra si on peut s’arranger…)
Les Brebis voulant changer de roi
Des brebis se lassant de leur gouvernement,
Se rassemblèrent pour mettre un terme à leur tourment.
Ce Colley nous ennuie, nous voulons en changer,
Ainsi se plaignirent les brebis à leur Berger.
Le rusé Renard accéda à cette requête
Et plaça un Komondor à leur tête.
Cet animal a la prestance impressionnante
Eut tôt fait de gérer nos brebis arrogantes
Il en est parmi nous qui s’arrêteraient là,
Mais ce serait mal connaître ce troupeau là.
Ce Komondor était dur autant qu’efficace,
Mais la gent moutonne reste peu perspicace.
Elles reprirent la clameur auprès de leur berger
Lui promettant cette fois de bien s’en arranger
Donnez nous dit ce peuple un roi qui soit plus doux.
Notre rusé renard leur concède le loup :
Qui les croque, qui les tue, les gobe à son plaisir
Nos brebis affolées ne peuvent que se plaindre
Et Renard de leur dire : Eh quoi ! Votre désir
A ses ordres devrait-il forcément nous astreindre ?
Vous auriez du garder votre gouvernement
Mais ne l’ayant pas fait, il vous devait suffire
De garder le chien et obéir gentiment ;
Prenez celui-ci, de peur d’en avoir un pire!