Couzon
Qu’il est donc charmant mon tout petit village,
Coupé en deux par une voie de chemin de fer
Veiné de ruelles pentues et d’étroits passages,
Qui parfois nous font vivre un véritable enfer.
Qu’il est donc agréable de rejoindre la rivière,
Traverser la passerelle demande du courage,
Les vignes ont disparus du quartier paupière
Les maisons en ce lieu ont fait quelques ravages.
Qu’elle est donc fière cette montagne étrangement
Dressée. Imposant à nous tous quelques tourments,
Lorsque des nuages noirs envahissent l’horizon.
On entend plus le bruit des pics dans les carrières,
Il est fini le temps où l’on sortait les pierres,
Celles qui ont permis de construire Lyon et Couzon.
Le Renard devenu Berger
Dans un petit village, on devait procéder,
A l’élection d’un sage, au vote du berger.
Un rusé renard, au fait de la procédure,
Crut qu’il pouvait se joindre, en changeant de parure,
Aux deux autres bergers qui s’étaient présentés
Se réjouissant d’avance d’un festin patenté.
Il s’habille comme tel, endosse un hoqueton,
S’acoquine des chiens, s’appuie sur un bâton.
Poussant jusqu’au bout la ruse, écrit sur son chapeau
« C’est moi qui suis le meilleur berger de ce troupeau ».
Les brebis furent séduites par notre scélérat,
Par son sourire jovial, sa tenue d’apparat
Eurent tôt fait de voter à l’unanimité,
Notre rusé renard qui avait imité
Sans aucun remord, ni chagrin, un bon berger.
Il n’est pas utile de trop longtemps gamberger
Pour deviner la suite : les brebis furent mangés
Sans même s’être rendu compte qu’elles courraient un danger.
Il est toujours trompeur d’aux apparences se fier
D’une personne qui vous baise(1), il faut se méfier.
Il est une autre fin que nous pouvons conter :
On le peut encore si vous me le permettez
Après le premier tour : les voix furent partagées
Un second tour eut lieu pour les départager.
Et pour mener à lui les voix de ses brebis,
Le renard ajouta la parole aux habits
C’est une chose qu’il pensait, qu’il croyait nécessaire
Cela gâta l’affaire : il faut parfois se taire :
Il ne put du berger contrefaire la voix
Le ton dont il parla fit retentir les bois
Et chacun découvrit la belle supercherie
Nos bergers et leurs chiens et bien sûr les brebis
Notre pauvre renard fut pris dans cet esclandre
Empêché par l’habit, ne put plus se défendre.
Il est toujours utile d’ouvrir ses oreilles
Afin qu’il n’arrive pas une chose pareille.
Ecoutez, entendez avant d’aller voter
Ce que chacun va dire, sauf celui qui – doter
De son porte parole – ne pourra plus parler
D’un renard rusé n’allons nous affublez,
Il est temps pour nous tous de repartir aux urnes
Pour choisir ensemble notre animal diurne.
Il y en a parmi vous qui n’y sont pas allés
C’est à eux maintenant que je veux m’adresser
Voter est un droit, voter est un devoir,
C’est avec votre voix que va s’écrire l’histoire.
J’aimerais par ce couplet pouvoir vous motiver,
Il est temps les amis de tous nous activer.
Le paon et la belette
Les amis il est temps de bientôt nous quitter,
Mais ce n’est pas possible sans avant m’acquitter
D’une dernière tache et vous me comprendrez
Que je suis là ce soir pour tous vous remercier
Et d’asséner encore quelques bonnes vérités.
Dans un tout premier temps, je voudrais saluer,
Les soixante neuf personnes qui vont se présenter
Pour être nos conseillers les six prochaines années :
C’est long six ans, autant ne pas se tromper !
Mais écoutez plutôt, ce qui est arrivé,
A une petite belette qui fut mal inspirée
Face à un paon à l’ego, disons, démesuré.
Notre ami paon convia à une belle fête,
Tous les oiseaux dont il représentait la tête.
Mais la date fit l’objet d’une petite polémique
Le paon ayant quelques ambitions politiques
Alors qu’ils ne restaient aux oiseaux d’autres choix
Que de changer la date ou trouver autre endroit,
La belette s’enquit du pourquoi de la chose,
Et suscita un courroux tel que sa bouche fut close.
Mais notre paon souhaita ne pas en rester là,
Convoqua la belette pour lui faire la leçon :
« L’usage de la vindicte publique se retourne
Contre son utilisateur de toutes les façons. »
Voilà des paroles sages servant à enfoncer,
Une petite belette qui avait trop parlée.
Par cette petite histoire, je voudrais vous rappeler
Que les donneurs de leçons sont bien mal inspirés
Que c’est dans un miroir qu’il devrait se mirer,
Et ouvrir leurs oreilles pour s’entendre parler.
Nous ne pouvons prétendre être meilleur qu’un autre
Même si de la morale, on veut se faire l’apôtre.
La liberté de parole, ici nous est donnée,
Ce n’est pas le cas chez tous, autant en profiter.
Tous mes petits messages n’avait point d’autre but,
Que de vous divertir le temps d’une minute,
Si de certaines façons j’ai blessé qui que ce soit,
J’en suis bien désolé, je ne le voulais pas.
Sur ces belles paroles, je vais donc vous laisser,
Devant le choix commun, je m’en vais m’incliner.
La raison du grand nombre est toujours la meilleure,
Pas à pas on va loin, écoutez votre cœur.
Dieu et le Chafouin
C’est le dernier message de notre ami l’abbé,
Qui m’inspire cette histoire que je vais vous conter.
Alors qu’il badinait sur les bords de la Saône,
Un rusé chafouin glissa et dans l’eau tomba.
Il allait bientôt passer de vie à trépas,
Lorsque Dieu accourut et une branche de Saule
Lui tendit : « Dis moi, Chafouin, mérites-tu ceci ?
Qu’as-tu fait justifiant que je te tire d’ici ? »
Notre rusé chafouin pour sauvegarder sa vie,
Répondit posément sans se soucier de qui
Il avait en face de lui et grand bien lui fasse !
« Tout ce qui t’entoure est de mon fait , cher Monsieur,
Le vent, le feu, l’eau, la terre…bientôt tout y passe
Et dans son enthousiasme, il ajoute même les cieux.
Si Dieu était homme il aurait pu s’étouffer
D’entendre de tels mensonges sans remords proférés…
Il décida pourtant de n’être point trop sévère,
Cette créature chafouine, il en était le père :
Mais pour créer tout cela, tu as eu besoin d’aide,
Des amis, une équipe c’est ainsi que Dieu plaide
« Non, non, s’enfonce Chafouin, j’ai bien fait ça tout seul
Ouvre donc tes oreilles et ferme donc ta gueule
Donne moi ce bâton et tire moi donc de là,
Sinon je ne réponds plus de ce que je vais faire de toi. »
Voilà les belles paroles que Dieu pu récolter,
Et vous vous doutez bien qu’il en fut révolté.
Il se demande encore pourquoi il était là
Devant ce petit chafouin vantard et ingrat.
Il lâcha la branche se maudissant tout bas,
D’avoir voulu sauver ce pauvre scélérat.
Trompeurs, vantards, c’est pour vous que je veux écrire,
De la pédanterie, il vous faudrait guérir :
Vouloir s’attribuer la besogne d’un autre
Finit par se payer d’une façon ou d’une autre.